Découvrez l'histoire de la Commune de Noisy-Rudignon et de son patrimoine
ainsi que les origines de l'Église Sainte Barbe.
Origine de la commune de Noisy-Rudignon (anciennement Noisy-le-Sec)
Histoire de la commune
Noisy-Rudignon est une commune française située dans le département de Seine-et-Marne, en région Île-de-France. Elle fait partie de la Communauté de Communes Pays de Montereau. Cette commune rurale appartient à l’arrondissement de Provins et fait partie du canton de Nemours.
En 2022, la commune comptait 592 habitants, que l’on appelle les Noisy-Rudignonais. Sa superficie est de 4,16 km².
La commune est située hors unité urbaine, et se définie comme rurale à habitat dispersé selon l’Insee.
Par ailleurs, la commune fait partie de l’aire d’attraction de Paris, dont elle est une commune de la couronne qui regroupe 1929 communes.
Les archives civiles et ecclésiastiques nous ont permis de remonter jusqu’en 1164.
L’histoire de la commune est intimement liée à la vie religieuse.
Au Moyen-Age, dès l’époque carolingienne (IXème siècle), les terres de Noisy appartiennent à la puissante abbaye de Saint-Germain-des-Prés à Paris. Ce rattachement officiel est consigné dans le Polyptique d’Irminon, un inventaire des biens de cette abbaye aux alentours de l’an 823.
Les premières mentions du nom de notre commune apparaissent sous des formes latinisées comme Nucetum ou Nosiacum car de nombreuses plantations de noyers étaient cultivées dans le village (fistus) géré directement par les moines bénédictins de Saint-Germain-des-Prés.
Noisy comprenait également des terres cultivables, des habitations pour les paysans rattachés à la terre.
En 1203 Noisy-Rudignon était nomée Décima de Nusiaco. Puis Noisi en 1265 ,
Au XIVème siècle, le nom de la commune se stabilise en ancien français. On lui adjoint le qualificatif ″Le-Sec″ en raison de la nature du sol (plateau calcaire aride) et l’absence de cours d’eau traversant le cœur du village.
Certains registres paroissiaux d’état civil et documents de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés mentionnent alternativement l’orthographe Noisy-Le-Secq et Noisy-le-Sec.
Le 2 avril 1383 Guillaume de Noyers prêtre et prieur du prieuré de Pont-Loup-lez- Moret mentionne l’existence de Noisy à l’occasion de perception des dîmes.
Au Moyen Age, le village abritait un château fort. Si ce dernier a disparu, son souvenir subsiste à travers une ferme fortifiée munie d’échauguettes (petites guérites en pierre pour surveiller les assaillants) qui témoignent des tensions militaires dans la région, notamment pendant la guerre de 100 ans (1337-1453).
La structure administrative de la commune bouge peu pendant la période de l’Ancien Régime.
En 1586 La comme devient Nésy puis Noisy en l’an IX.
Entre 1590 et 1614 le notaire Pierre Belliard, tabellion royal, juré commis aux lieux de Noisy et Belle Fontaine.
L’étude notariale de Pierre Hardy rédige en 1669 un acte notarial sur la déclaration des terres et héritages de la Seigneurie de Flary et Ferottes . Cet acte mentionne la commune de Noisy- le sec.
Des baux à loyers des biens du prieuré de Pont-Loup-les-Moret et des dîmes sont également perçus sur différents lieux dits de la commune (1636).
Mr René Sdilon, notaire, mentionne également Noisy dans ses minutes entre 1681 et 1710.
Fin XVIIIème et XIXème , les structures féodales laissent la place à des demeures d’agrément.
Le hameau de Rudignon mentionné vers 1400 sous la forme Ardrignon (racine germanique) possédait son propre château et sa propre vie seigneuriale totalement indépendante de Noisy.
En 1785, les textes notariaux mentionnent " la ferme et métairie de Rudignon en la paroisse de Flagy ", le nom du hameau étant passé à cette époque de Ardrignon à Rudignon.
En 1789 Noisy faisait partie de l’élection de Montereau et de la généralité de Paris, et était régi par la coutume de Lorris-Montargis.
Le grand tournant géographique a lieu le 23 décembre 1832 : par ordonnance royale, le hameau de Rudignon est officiellement distrait (détaché) de la commune voisine de Flagy pour être rattachée à Noisy-le-Sec.
Cependant une commune homonyme de Seine-Saint-Denis créait une confusion avec la nôtre.
Au XIXème siècle, le développement de la poste, du chemin de fer (notamment la gare de triage de Noisy-le-Sec en Seine-Saint-Denis) et de l’administration moderne, favorisait de nombreuses erreurs postales et logistiques.
Le décret du 8 novembre 1910 modifiera officiellement le nom de notre petite commune de Seine et Marne. En associant son bourg d’origine et le hameau rattaché en 1832, notre commune deviendra officiellement Noisy-Rudignon, ceci pour éviter les confusions.
Histoire paroissale de Noisy-Rudignon
En 1189, Guy de Noyers, archevêque de Sens, en instituant dans sa cathédrale les quatre chanoines de l’autel Saint-Pierre, leur assigne entre autres revenus, quatre livres de rente à prendre sur la chapelle de Noisy appelée alors ″In ecclésia de Noisiaco″. Par ailleurs, le chapitre de l’église de Montereau partage avec le prieur de Pontloup situé à Moret-sur-Loing, une partie des dîmes de la paroisse. Une ferme fortifiée avec échauguettes, reste d’un ancien château, ainsi que le Clos de Rudignon sont les seuls vestiges de cette époque.
Par ailleurs, le Chapitre de l'église de Montereau partage avec Guillaume de Noyers prêtre et prieur du prieuré de Pontloup situé à Moret-sur-Loing (Pontloe lez Moret), une partie des dîmes de la paroisse (Avril 1383, puis 1747). Des baux à loyers des biens du prieuré de Pont-Loup-lez-Moret et des dîmes sont également perçus sur différents lieux dits de la commune (1636).
Avant la révolution, Noisy relevait de la circonscription ecclésiastique du diocèse de Sens / archidiaconé du Gâtinais / doyenné de Milly sous le vocable de Sainte Barbe.
Dès 1852, la Commune de Noisy-le-Sec commence les démarches pour que la chapelle soit érigée en succursale. Les transactions aboutissent le 26 mars 1859. Il est possible qu’à l’occasion du déblaiement des terres en 1852, le cimetière qui se trouvait côté sud-est du bâtiment ait été déplacé.
En 1873, l’église de Noisy-Le-Sec est retirée de la paroisse de Ville-Saint-Jacques et rattachée à la paroisse de Dormelles.
Aujourd’hui elle dépend du Diocèse de Meaux, Pôle Missionnaire de Montereau-Fault-Yonne.
La consultation d'archives relatives aux paroisses voisines de Flagy, Dormelles ou Montereau-Fault-Yonne nous rapporte que lors de la visite de l'évêque de Waterford à Dormelles le 19 mai 1721, la paroisse de Noisy était représentée par le curé Hubert desservant de Noisy.
L’église Sainte Barbe
Petit patrimoine méconnu, l’église Sainte Barbe de Noisy-Rudignon est un édifice du XIIème siècle qui a traversé les époques sans subir de transformations majeures. Cet édifice façonne la singularité de notre territoire et témoigne de son histoire particulière et des valeurs léguées par l’histoire.
L’église Sainte Barbe modeste par ses dimensions, est un lieu de culte et un symbole fort et harmonieux du patrimoine communal. Elle donne au village son identité qu'il importe de reconnaître et de mettre en valeur. Sa restauration permettra de transmettre correctement cet édifice aux générations futures qui pourront se l’approprier à leur tour.
Edifice communal, l’église pourrait être utilisée aussi à d’autres fins que sa vocation religieuse. Elle pourrait être agréablement redécouverte dans le cadre de circuits touristiques ou d’activités d’animations et d’attractivité du territoire francilien.
L’église est placée sous la protection de Sainte Barbe, l’une des saintes les plus populaire et plus honorée de l’époque médiévale.
Si son existence n’est pas attestée, la légende raconte que Barbara, (Sainte Barbe) est originaire d’Orient. Elle est née au milieu du IIIème siècle à Nicomédie sur la mer de Marmara. Elle est la fille unique de Dioscore. C’était une jeune fille très belle et très riche qui reçoit beaucoup de demandes en mariage de puissants seigneurs mais elle refuse de se marier.
Convertie au christianisme contre la volonté de son père, elle est emprisonnée dans une tour du château. Elle s'obstine et persévère néanmoins dans sa foi et refuse d’abjurer la religion chrétienne. Pendant l’absence de son père elle fait percer une troisième fenêtre à cette tour qui en possède déjà deux. Son père furieux de sa conversion décide de la mettre à mort. Barbe s’échappe et poursuivie trouve refuge dans une anfractuosité du rocher qui s’ouvre miraculeusement devant elle. Présentée devant un juge, elle est condamnée aux pires tortures sous le regard de son père. On lui arrache les seins avec des peignes de fer, on la brûle avec des lames rougies, puis elle est fouettée. Mais, par la grâce de Dieu, elle ne ressent pas la douleur et refuse toujours d’abjurer. Alors son père la décapite. Aussitôt, il est frappé par la foudre et réduit en poussière
Description de l'édifice
1 Contexte et dimensions
L’église Sainte Barbe de Noisy-Rudignon nous a été léguée par le Moyen-âge. C’est une petite église de style roman construite avant 1164, sans chapelle ni bas-côtés. La pureté de ses formes et l’harmonie des lignes de cette église médiévale en grès procurent un sentiment d’admiration.
L’église de Noisy-Rudignon, Elle est dédiée à Sainte-Barbe, patronne des femmes et hommes du feu (Pompiers, artificiers, etc..) et sainte protectrice contre le feu.
Elle est construite en pierres de grès et en moellons. La toiture de la nef est à deux pans couverte de tuiles plates, tandis que celle du clocher, en pavillon, se distingue par des arêtes moulurées. Un petit auvent marque l’entrée principale située sur le pignon ouest.
L’édifice se situe à l’ouest du village, bordé au nord et à l’ouest par la rue de Dormelles, au sud par un espace végétalisé et un parking public, et à l’est par une propriété privée.
Le bâtiment orienté selon un axe Est-Ouest se compose d'une nef unique à trois travées, adoptant un plan rectangulaire compact, qui se termine par un chevet semi-circulaire. L’élévation extérieure côté Ouest est constituée d’une façade à pignon, percée d'un porche couvert d'un auvent et encadré de deux contreforts. Le portail est flanqué de deux pilastres surmontés de pinacles. L’arc du portail comporte dans son extrados une clé sculptée avec l’inscription gravée 1606, date d’une probable restauration. Le pignon côté Ouest est percé d'une lucarne en arc surbaissé. La porte d’entrée est abritée par un auvent.
Sur la façade sud, sont accolés une sacristie, un clocher et et un réduit, ancienne chambre pour le « desservant » construites en 1862 et remaniées en 1884.
La nef qui représente la partie longitudinale de l’église est constituée de trois travées. Elle présente une charpente partiellement visible, laissant apparaître les parties basses des fermes, tandis qu’un plafond droit en plâtre achève l’ensemble. Les murs sont percés de baies en plein cintre, caractéristiques de l’architecture romane.
La travée Sud de la façade, correspondant au bas-côté Sud, est percée d'une porte et de deux fenêtres et abrite une sacristie et une chambre pour le « desservant » construites en 1862 et remaniées en 1884.
La première travée Nord est percée d'une petite porte en bois. Les murs de la nef et du chœur sont épaulés de contreforts et percés de baies en plein cintre, à l'exception de la travée axiale du chœur qui est aveugle.
La couverture, en petites tuiles, est en croupe. La toiture recouvre également d'un seul tenant la sacristie.
L’église est flanquée au Sud d'un bas-côté intégrant une tour-clocher carrée. La tour est coiffée d'un toit à pavillon de forme pyramidale aux arêtes moulurées. Le clocher est percé de petites baies en plein cintre. Son accès se fait depuis la nef par une petite porte en bois. Une échelle droite permet d’y monter.
Un chasse-roue protège l’angle Nord-Ouest de l’église.
Dans des temps anciens une fontaine se serait située à gauche de l'entrée principale ou sur le côté Nord
Il est possible qu’à l’occasion du déblaiement des terres en 1852 le cimetière qui se trouvait côté Sud-Est du bâtiment ait été déplacé.
La revue paroissiale de Dormelles et Noisy-Rudignon intitulée l’Echo de l’Orvanne mentionne la bénédiction de notre cloche dans son édition d’Avril 1912. (Archives Départementales de Seine et Marne).
"J’AY ETE FONDVE A NOISY L’AN DE GRACE 1687, BENITE PAR MR CHARLE BERNARD CVRE DV LIEV. JEV POVR ASSISTANS NICOLAS HERVIEVLX MRE APOTICAIRE A MONTRVAV ET MARGVERITE REMY FAMME DE MONSEIGNEVR ESTIENNE NORE ROYAL ET PR FISCAL DE VILLECERF ET MONTARLOT (sic)"
Etat de Conservation de l’édifice
Notre église traverse le temps grâce à l’intérêt permanent des habitants et des élus de la commune. Au fil des ans elle a été entretenue, agrandie, restaurée partiellement avec le peu de moyens dont dispose ou a disposé la commune.
Voici ce que nous avons pu retrouver :
1852 : Déblaiement des terres autour de l’église pour mieux protéger le bâtiment.
1862 : Construction d’une sacristie et d’une chambre pour le « Desservant »
1875 : Remplacement du carrelage du sanctuaire et du passage de la nef.de l’église, réfection des murs humides.
1884 : Projet de transformation de la sacristie pour faire un logement pour les passagers indigents. Nous n’avons pas de document attestant ces travaux qui ont été réalisés.
1894 : Augmentation des crédits d’entretien du bâtiment.
1896 - 1897 : Reprise des fondations. Démolition et reconstruction d’une partie devant l’autel de l’église. Réparation et remplacement de couverture de toiture côté nord. Reprise du plafond des voutes.
1945 – 46 : Réfection de la toiture.
1984 : Réfection du vitrail de la Vierge.
1970 : Déplacement de l’autel.
1991 : Réfection de la toiture de l’église.
Nous n’avons pas trace de la date de pose des 2 vitraux modernes (probablement au XXème siècle).
2010 : Une étude pour la rénovation de l’église a été ordonnée et confiée au cabinet DROZD. Son estimation pour les travaux urgents était de 140000 €. Les finances de la commune n’ont pas permis leurs réalisations, d’autres priorités étaient engagées.
2015 : Réfection de la toiture suite à une fuite dans le clocher par l’entreprise Mauvais.
2021 : Création d’une association « sauvons l’église Sainte Barbe de Noisy-Rudignon »
2023 : Réparation d’une partie de la voute et sondages du reste de la voute.
Demande de devis pour remettre aux normes le chauffage (16000 euros)
Demande de devis pour mettre aux normes l’électricité. (16000 euros)
Demande de l’enveloppe approximative de la réfection de la toiture (un minimum de 50000 €)
2024 : La Commune réunit les différents acteurs de la conservation du patrimoine et demandent à la Commune de réactualiser l’étude de 2010. Celle-ci est demandée à Mme Guenego, architecte du Patrimoine.
2025 : Nous avons reçu fin juin 2025 les résultats de l'étude de restauration de l'église Sainte barbe. Compte-tenu de la conjecture économique del la commune et du fait des prochaines élections municipales de 2026, la Commune n'a pas lancé aux différents acteurs des demandes de subventions. Nouvelles demandes de devis pour restaurer l'électricité.
Toutefois, à la suite de gros orages il a été nécessaire de parer à une fuite de la toiture. Malheureusement le plafond de l’édifice a été très endommagé et une partie de la voute en plâtre sur lattis est tombée. Il a été nécessaire de déplacer statues et autres objets pour éviter leur dégradation. Une zone de sécurité a été mise en place pour d’une part éviter tout accident et d’autre part ne pas fermer l’église à ses paroissiens.
Des travaux de mise en sécurité sont désormais nécessaires et relativement urgents si nous ne voulons pas interdire à terme l’accès à l’édifice.
En extérieur des fissures et lézardes verticales sont visibles, les enduits sont dégradés par endroit et des remontées capillaires sont visibles côté Nord.
Par ailleurs, l’ensemble de l’édifice mériterait une réhabilitation globale aux dires de l’architecte du Patrimoine que nous avons sollicité. L'étude nous a été présentée en Mairie en Juin 2025.
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